Home » Au Liban, l’épuisement des pays donateurs confrontés à une crise qui s’éternise

Au Liban, l’épuisement des pays donateurs confrontés à une crise qui s’éternise

by Marko Florentino
0 comments


Au sein de Médecins sans frontières (MSF)-Suisse, la décision a été prise de se désengager de deux projets de santé primaire au Liban, pourtant essentiels pour des milliers de réfugiés syriens et de Libanais, dans les régions pauvres de l’Akkar (nord) et de la plaine de la Bekaa (est). « Notre budget se réduit du fait de la multiplication des crises à Gaza, au Soudan, en Ukraine… Les besoins sont là, mais l’identité de MSF est la réponse d’urgence, non le développement. Après dix-sept ans au Liban, on doit réévaluer notre réponse et notre impact, arrêter ou être plus efficace », justifie Maurizio Campailla, chef de mission pour le Liban de MSF-Suisse.

Le cas de MSF-Suisse est loin d’être isolé. Les ONG, les agences onusiennes et les bailleurs étrangers reconsidèrent tous leur assistance au pays du Cèdre. La lassitude des donateurs se fait sentir, alors que la crise économique, qui a éclaté en 2019, ne montre aucun signe de résorption. Le maintien du pays sous perfusion d’aide humanitaire, d’une crise à l’autre – de l’arrivée des réfugiés syriens, à partir de 2011, jusqu’à l’explosion du port de Beyrouth, en 2020, en passant par l’effondrement financier de 2019 –, est vu comme une impasse.

Dans le même temps, la transition vers une phase de développement, qui supposerait de réorienter l’aide vers les institutions publiques, continue d’être bloquée. La communauté internationale conditionne ce basculement à la mise en œuvre de réformes de fond, auxquelles l’élite politique libanaise rechigne. C’est à ce titre que l’accord préliminaire, signé, en avril 2022, avec le Fonds monétaire international, qui pourrait permettre au pays d’obtenir une aide de 3 milliards de dollars (2,8 milliards d’euros), n’a toujours pas été finalisé.

Et pourtant, les besoins augmentent. Dans un rapport, publié en mai, la Banque mondiale a estimé que le taux de pauvreté a atteint 44 % de la population en 2022 – Libanais et Syriens compris, soit trois fois plus qu’en 2012. Et ce, dans un contexte régional explosif, avec des affrontements dans le sud, entre le Hezbollah et Israël, qui menacent de dégénérer en guerre généralisée. « Le pays tient grâce à l’aide de la diaspora libanaise, des ONG internationales et des associations religieuses. Les institutions sont des coquilles vides, l’Etat ne remplit plus son rôle », souligne Vincent Gelot, représentant au Liban de l’ONG chrétienne L’Œuvre d’Orient.

« Chacun fait son introspection »

L’année 2024 voit une chute nette des subventions étrangères. Les promesses de financement communiquées aux Nations unies, fin 2023, par les bailleurs étrangers s’élevaient à près de 680 millions de dollars, contre 1,35 milliard de dollars alloués en 2023. Un financement supplémentaire d’un milliard d’euros sur quatre ans a été annoncé en mai par l’Union européenne (UE). Si l’UE maintient son financement à un niveau équivalent, il n’en va pas de même pour les Etats-Unis, le Canada, la Suisse, les pays scandinaves et, dans une moindre mesure, la France et l’Allemagne.

Il vous reste 64.19% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link

You may also like

Leave a Comment

NEWS CONEXION puts at your disposal the widest variety of global information with the main media and international information networks that publish all universal events: news, scientific, financial, technological, sports, academic, cultural, artistic, radio TV. In addition, civic citizen journalism, connections for social inclusion, international tourism, agriculture; and beyond what your imagination wants to know

RESIENT

FEATURED

                                                                                                                                                                        2024 Copyright All Right Reserved.  @markoflorentino