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A la Berlinale, la guerre en Ukraine à travers les voix de soldats russes

by Marko Florentino
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Image extraite du documentaire d’Oksana Karpovych, « Intercepted ».

L’attachée de presse nous prévient : il arrive à la réalisatrice et photographe ukrainienne Oksana Karpovych de pleurer pendant les interviews. Mais ce n’est pas grave, dit-elle, ça passe vite. A la Berlinale, dont la 74e édition a lieu jusqu’au dimanche 25 février, la trentenaire au doux visage, cheveux blonds au carré, enchaîne les entretiens – pas plus de vingt minutes – depuis que les journalistes ont découvert son documentaire, Intercepted, présenté dans la section Forum, consacrée aux formes libres.

Le film, qui n’a pas encore de distributeur en France, est un étrange voyage sur les territoires libérés en Ukraine, depuis l’invasion par la Russie, le 24 février 2022. L’expérience est inoubliable, et bien plus originale que le documentaire d’Abel Ferrara Turn in the Wound, dévoilé en séance spéciale, mêlant des témoignages de soldats et de civils ukrainiens à des déclamations de poèmes par Patti Smith.

On entre dans Intercepted comme dans un tableau, avec ces plans fixes tournés dans des intérieurs de maison détruits. Puis arrivent des images en mouvement, prises du pare-brise d’un véhicule, fixant la route ou des pistes boueuses. Certaines d’entre elles ont été filmées à l’intérieur d’un véhicule militaire russe, récupéré comme un trophée par les Ukrainiens, lors de la contre-offensive à Kiev. Oksana Karpovych y tenait beaucoup, comme un symbole, et voulait dessiner un trajet en parcourant des régions où la vie tente de reprendre le dessus. Mais ce qui frappe dans Intercepted, c’est aussi sa bande-son entêtante, faite de conversations sur la guerre.

Ce que l’on entend, ce sont des appels téléphoniques de soldats russes sur le front ukrainien, à leurs proches – leurs femmes, leurs mères ou leurs enfants. Ces paroles ont été interceptées au début du conflit par les services secrets ukrainiens, et mis à disposition en ligne. Oksana Karpovych s’est emparée de ce matériau, utilisant une trentaine d’heures d’enregistrements, réalisés entre mars et fin octobre 2022. Elle a obtenu également une heure de captation d’enregistrements exclusifs, qu’elle a montés et intégrés dans le film.

Banalité de bavardages

Née à Kiev, Oksana Karpovych a étudié les « cultural studies » (sociologie, sciences politiques…) à l’université, en Ukraine, a vécu neuf ans à Montréal, découvrant la photographie et le documentaire vers 2010. « L’art et la politique m’ont conduite à faire du cinéma. Et ces enregistrements m’ont paru très riches pour comprendre non seulement les soldats, mais aussi la société russe », dit-elle.

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