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« Il y a privé et privé. Nous, on est d’abord un hôpital de proximité »

by Marko Florentino
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« L’établissement entre en arrêt total d’activité à partir du 3 juin. » Les affichettes placardées sur les poteaux du hall de l’Hôpital privé de la Seine-Saint-Denis, à la frontière des communes populaires du Blanc-Mesnil et de Drancy, interpellent les patients. On les retrouve à tous les étages de l’établissement, qui appartient à l’un des principaux acteurs du secteur privé à but lucratif, le groupe Ramsay Santé, qui compte sept cliniques en Seine-Saint-Denis, dont trois proposant une offre de médecine, de chirurgie et d’obstétrique.

« Si on n’arrive pas à se faire entendre, je meurs », lâche, avec gravité, le directeur. Voilà six ans qu’Yves Pinot a pris la tête de cet hôpital privé ancré dans l’un des départements les plus défavorisés du pays, vaste « désert médical ». Et les « nouveaux tarifs » annoncés par le gouvernement fin mars, en hausse de 0,3 % pour son secteur, contre + 4,3 % dans le secteur non lucratif, ne passent pas.

Lucratif ? Cela fait bien longtemps que son établissement, qui réunit quelque 200 lits et places et 80 praticiens libéraux, ne l’est pas. Avec un modèle bien particulier : l’activité chirurgicale y est importante, avec neuf salles de blocs opératoires qui tournent à plein régime, mais aussi une grande maternité de niveau « 2b » (apte à recevoir des grossesses à risque avec un service de soins intensifs néonatal), sans oublier un service des urgences qui prend en charge 27 000 passages par an.

Yves Pinot, 57 ans, directeur de l’Hôpital privé de Seine-Saint-Denis, du groupe Ramsay Santé, le 7 mai 2024. Yves Pinot, 57 ans, directeur de l’Hôpital privé de Seine-Saint-Denis, du groupe Ramsay Santé, le 7 mai 2024.

Devant son ordinateur, Yves Pinot montre du doigt les colonnes de chiffres en négatif : 4,4 millions d’euros de déficit en 2020-2021 (le budget est calculé à l’anglo-saxonne, sur deux années) ; 5,7 millions d’euros en 2021-2022 ; 7,6 millions d’euros en 2022-2023… pour un chiffre d’affaires annuel de 34 millions d’euros. L’équation paraît de plus en plus intenable. L’augmentation des prix de l’électricité, des « consommables » (blouses, dispositifs médicaux stériles…), du matériel biomédical… « Tout a flambé », explique-t-il. Et comme dans les établissements publics, chez lui, la reprise d’activité après la crise due au Covid-19 n’a pas été simple : « Nous venons de retrouver ces derniers mois le niveau de 2019. »

Pas de marge sur le service hôtelier

Concernant la rentabilité, la moitié de son chiffre d’affaires provient de l’activité de la maternité, avec des prises en charge reparties à la hausse depuis la fermeture de la clinique Vauban, à Livry-Gargan, il y a quelques mois ; suivie de l’orthopédie, de la gastro-entérologie et du viscéral. Les deux services de médecine (polyvalente et interne), eux, ne sont « pas du tout lucratifs », euphémise-t-il, avec de longues « durées moyennes de séjour », comme on dit dans le jargon hospitalier, de sept à huit jours en moyenne. « Mais ils sont indispensables », soutient-il.

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