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Manifestations quasi quotidiennes, grève dans plusieurs villes lundi, multiplication des déclarations appelant au départ du premier ministre… La pression de la société israélienne et de la communauté internationale monte sur Benyamin Nétanyahou, lundi 2 septembre, afin d’obtenir la libération des otages retenus à Gaza, après la mort de six d’entre eux.
Selon le ministère de la santé du gouvernement du Hamas, dont les bilans sont invérifiables, l’offensive dans la bande de Gaza a fait au moins 40 786 morts dans le territoire palestinien depuis le début de la guerre avec Israël. Au moins quarante-huit personnes ont été tuées ces dernières vingt-quatre heures, a précisé le ministère dans un communiqué.
Cette guerre a entraîné côté israélien la mort de 1 205 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l’Agence France-Presse (AFP) établi à partir de données officielles. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là en Israël et emmenées à Gaza, 97 y sont toujours retenues dont 33 déclarées mortes par l’armée.
Benyamin Nétanyahou n’en fait pas assez pour parvenir à un accord sur la libération des otages, estime Joe Biden
Le président américain, Joe Biden, a estimé lundi que le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, n’en fait pas assez pour parvenir à un accord en vue de la libération des otages israéliens détenus par le Hamas dans la bande de Gaza. A une question de la presse qui lui demandait si M. Nétanyahou en « faisait assez » pour obtenir un accord, M. Biden a répondu « non ». Il a néanmoins assuré que les négociateurs étaient « très proches » de pouvoir annoncer un accord dans la semaine.
Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a, de son côté, déclaré lundi soir qu’Israël devrait maintenir le contrôle d’un corridor à la frontière entre la bande de Gaza et l’Egypte. « La réalisation des objectifs de la guerre passe par le couloir de Philadelphie », une bande de terre le long de la frontière entre le petit territoire palestinien et l’Egypte, a-t-il dit lors d’une conférence de presse. Ce sujet constitue un point de blocage dans les négociations pour un accord de cessez-le-feu à Gaza associé à la libération des otages, le mouvement islamiste palestinien exigeant un retrait israélien de ce corridor.
« Le contrôle du couloir de Philadelphie garantit que les otages ne seraient pas sortis clandestinement de Gaza », a plaidé le premier ministre israélien, avant de marteler : « Je ne céderai pas aux pressions », estimant que le contrôle de cet axe est une « question existentielle » pour Israël.
En Israël, mouvement de grève pour la libération des otages
La mobilisation s’est amplifiée en Israël, lundi 2 septembre, en vue d’accroître la pression sur le gouvernement pour obtenir la libération des otages retenus à Gaza, après la mort de six d’entre eux. Un mouvement de grève, lancé à l’initiative de la puissante centrale syndicale Histadrout, a été inégalement suivi, plusieurs municipalités, notamment celle de Jérusalem, n’ayant pas suivi le mot d’ordre.
A la mi-journée, le tribunal du travail de Tel-Aviv, saisi par Bezalel Smotrich (extrême droite), le ministre des finances du gouvernement de Benyamin Nétanyahou, a ordonné la fin immédiate de la grève. Une décision respectée par Histadrout, qui a appelé ses affiliés à arrêter leur mobilisation dès le début de l’après-midi.
Dans la soirée de lundi, s’adressant aux familles de ces otages lors d’une rare conférence de presse, Benyamin Nétanyahou a déclaré : « Je vous demande pardon de ne pas les avoir ramenés en vie. Nous étions proches mais nous n’avons pas réussi ». « Ces meurtriers ont exécuté six de nos otages en leur tirant une balle dans la nuque », a ajouté le premier ministre en reprenant les conclusions du ministère de la santé israélien, qui a autopsié les corps. Le négociateur en chef du Hamas, Khalil Al-Hayya, avait dit sur la chaîne Al-Jazeera, dimanche, qu’un « bombardement » israélien était à l’origine de leur mort.
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Le Hamas a déclaré, lundi soir, que les otages retourneraient en Israël « dans des cercueils » si l’Etat hébreu poursuivait sa pression militaire dans la bande de Gaza, selon un communiqué du porte-parole de la branche armée du mouvement palestinien, les Brigades Ezzedine Al-Qassam. « L’acharnement de Nétanyahou à libérer les prisonniers [les otages] par la pression militaire au lieu de conclure un accord signifie qu’ils retourneront dans leurs familles dans des cercueils », a déclaré Abou Obeida. Il a ajouté que de « nouvelles instructions avaient été données » aux gardes des otages si des soldats israéliens s’approchaient de leur lieu de détention.
Londres annonce une suspension partielle des exportations d’armes à Israël
Le Royaume-Uni a annoncé lundi suspendre une trentaine de licences d’exportation d’armes à Israël sur un total de 350, en évoquant un « risque » que ces armes soient utilisées en violation du droit international.
« Pour certaines exportations d’armes vers Israël, il existe un risque clair qu’elles soient utilisées pour commettre ou faciliter une violation grave du droit humanitaire international » à Gaza, a déclaré devant le Parlement britannique le ministre des affaires étrangères, David Lammy. Les licences suspendues incluent des équipements « qui pourraient être utilisés dans le conflit actuel » à Gaza, a ajouté le chef de la diplomatie, précisant notamment que cela ne concernait pas des éléments de l’avion de combat F-35.
Le ministre de la défense israélien, Yoav Gallant, a rapidement réagi, se disant, sur X, « profondément déçu » par cette décision qui intervient alors qu’Israël « [mène] une guerre sur sept fronts différents, une guerre qui a été lancée par une organisation terroriste sauvage, sans avoir été provoquée ».
Vaccination contre la poliomyélite à Gaza

La « pause humanitaire » localisée et limitée dans le temps destinée à faciliter la campagne menée par l’ONU a été respectée dimanche dans le centre de Gaza, ce qui a permis de vacciner 87 000 enfants, selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) communiqués par l’UNRWA, l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens. L’objectif est de vacciner plus de 640 000 enfants de moins de 10 ans, après le premier cas confirmé de cette maladie dans le territoire palestinien depuis vingt-cinq ans.
Les bombardements israéliens et les combats n’ont en revanche pas diminué d’intensité dans le reste du territoire. Lundi, des frappes aériennes ont fait au moins sept morts dans la ville de Gaza et six autres dans les camps de réfugiés d’Al-Boureij et de Nousseirat, ont déclaré des responsables des services de santé. Les branches armées du Hamas et du Jihad islamique ont fait état de combats dans l’ensemble de la bande de Gaza.
• Deux morts dans un véhicule de l’ONU au Liban
Deux personnes ont été tuées, lundi, dans une frappe israélienne visant leur véhicule à Naqoura, dans le sud du Liban, selon le ministère de la santé, qui n’a pas précisé s’il s’agissait de civils. L’Agence nationale d’information (ANI) a fait état d’une frappe de drone sur la route de Naqoura, sans donner plus de détails.
« La voiture visée appartenait à une entreprise de nettoyage sous contrat avec la force de maintien de la paix des Nations unies au Liban [Finul] », déployée à la frontière avec Israël, a précisé une source sécuritaire, sous couvert d’anonymat. Les deux victimes sont « un employé de cette entreprise et un cousin, tous deux originaires de Naqoura. Son cousin, résidant dans un pays africain, était arrivé au Liban il y a deux jours », a ajouté cette source.