
Quatre-vingts ans après la capitulation allemande, Philippe Collin s’attache, dans sa nouvelle série documentaire, au sort des déportés, à travers les figures d’Edmond Michelet (déporté catholique et gaulliste), de Gisèle Guillemot (déportée communiste) et de Denise Kahn (déportée dite « raciale »). Comme toujours, il le fait avec un apport scientifique : la parole des historiens structure la série. Mais aussi avec un sens du récit et un souci constant de l’auditeur : le journaliste n’hésite pas à rappeler le contexte comme à expliciter certains termes, tandis que les réalisatrices Violaine Ballet et Juliette Médevielle nourrissent nos oreilles d’archives et de quelques gimmicks.
Chronologique, la série rappelle ce que fut la vie avant, pendant puis après la déportation, et donne à comprendre ce que ce terme même de « déporté » recouvre – à ce sujet, la contribution de Tal Bruttmann (historien, spécialiste de la Shoah) est particulièrement éclairante (épisode 3).
Le récit commence à Vichy, le 10 juillet 1940, quand les parlementaires votent les pleins pouvoirs à Philippe Pétain (auquel Philippe Collin a consacré, en 2022, une monographie). En décidant de collaborer avec le IIIe Reich, le régime de Vichy participe activement à la déportation : « C’est crucial de le rappeler », insiste le journaliste, avant de dresser le portrait des trois déportés. A l’épisode 2, les historiens Annette et Olivier Wieviorka rappellent les différentes finalités des camps et la singularité d’Auschwitz, qui fut à la fois le plus important des camps de concentration et le plus meurtrier des centres de mise au point de la « solution finale ».
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